Chine/États-Unis : une guerre d’attrition

Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue sur notre hebdomadaire financier.

Cette semaine nous vous proposons un article sur la montée des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis.

Chine/États-Unis : une guerre d’attrition. Après l’échec de pourparlers à Washington début mai, Donald Trump avait ordonné de surtaxer à hauteur de 25% une large palette de biens chinois, équivalant à 200 milliards de dollars d’importations annuelles. S’ajoutant aux précédentes taxes, cette décision devait faire plier la Chine dans le processus de négociation qui dure désormais depuis plusieurs mois.

Mais cela n’a pas eu l’effet escompté et Pékin bien décidé à mener une guerre d’attrition a répliqué en annonçant une augmentation des droits de douane depuis le 1er juin, à 10%, 20% voire 25% sur un ensemble de marchandises américaines représentant 60 milliards de dollars d’importations annuelles.

Cette liste désormais connue se compose de plus de 5400 produits dont près de 2500 (2493 exactement) sont taxés à 25%. Parmi eux, on trouve des produits cosmétiques, des articles électroménagers, des articles de sport, les pianos et les instruments à cordes, des spiritueux ainsi que d’autres articles comme les préservatifs, les diamants, les robots industriels, les pneus, le tissu, le bois ou encore les jouets.

Ainsi presque la totalité des exportations américaines en direction de la Chine sont désormais taxés par cette dernière alors que les États-Unis ont encore la possibilité de taxer pour plus de 100 milliards de biens chinois soit une marge de manœuvre confortable que Trump en homme d’affaires avisé, s’est bien fait de souligné. « J’adore la position dans laquelle nous sommes » avait déclaré le président américain peu après l’arrêt des négociations.

Toutefois la Chine possède encore quelques atouts dans sa manche. Citons notamment les terres rares, ces matériaux métalliques indispensables à de nombreuses industries, dont la Chine est, de loin, le principal producteur. À priori Pékin pourrait freiner les exportations de ces matières premières dont les entreprises américaines sont dépendantes. Sauf que Xi Jinping s’est bien gardé de prononcer une telle menace. D’abord, parce qu’en ciblant toute l’industrie, la Chine franchirait un degré supplémentaire dans la guerre commerciale, alors que les États-Unis ne visent essentiellement « que » Huawei.

Ensuite, parce que pour avoir déjà voulu limiter ses exportations de terres rares en 2010, la Chine s’était fait condamner par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en 2012, et a dû revenir sur sa décision. Au moment où Pékin affirme, la main sur le cœur, être le héraut du multilatéralisme, une nouvelle condamnation de l’OMC serait du plus mauvais effet.

Reste pour la Chine une arme à plus de mille milliards de dollars, les bons du Trésor américain. En effet, la Chine fait partie des plus importants créanciers des États-Unis et pourrait décider de se délester de ses titres de dette américains, ce qui aurait pour conséquence un choc sur les taux d’intérêt qui forcerait une Amérique en plein dérapage budgétaire à payer plus cher pour emprunter. Cette décision aurait toutefois un impact non négligeable sur les marchés financiers, déjà usés par cette guerre commerciale qui s’éternise.

L’escalade du conflit entre la première et la deuxième puissance économique mondiale s’est poursuivie avec la publication par la Chine d’un document de 21 pages qui résume ses positions. Elle avertit « qu’elle ne transigera pas sur ses principes fondamentaux », rejetant l’échec des discussions sur Washington. « La guerre commerciale ne rend pas sa grandeur à l’Amérique », a déclaré le vice-ministre de l’Information Guo Weimin, en écho au slogan de campagne de Donald Trump (« Make America great again »). Une salve qui intervient au lendemain de la déclaration choc du vice-ministre chinois des Affaires étrangères qui n’avait pas hésité à accuser les États-Unis de « terrorisme économique ».

L’affrontement commercial se double d’un conflit technologique. Vendredi, Pékin a dégainé une nouvelle arme en annonçant la création de sa propre liste noire d’entreprises étrangères considérées comme « non fiables ». Les autorités chinoises vont ainsi enquêter sur le groupe de livraison américain FedEx, l’accusant notamment d’avoir mal acheminé certains colis. Une réponse ferme à la décision américaine, courant mai, de placer le géant chinois des télécoms sur une liste d’entreprises suspectes, auxquelles les entités américaines ne peuvent vendre d’équipements technologiques. Ce qui empêche notamment Google de continuer à fournir son système d’exploitation Android à Huawei pour la vente de ses téléphones portables, mettant ainsi le géant chinois des nouvelles technologies en grande difficulté.

Pour en savoir plus : https://www.latribune.fr/economie/international/etats-unis-chine-la-guerre-commerciale-a-commence-818985.html

Nous espérons que cela vous a plu et à bientôt pour un nouveau numéro !

Rédigé par : COLOTTE Guillaume pour IÉSEG Finance

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