Les 5 dossiers à l’origine de la volatilité financière des derniers mois

Bonjour à tous et bienvenue sur notre premier hebdomadaire économique et financier de l’année ! Cette semaine, pour démarrer, nous vous proposons un passage en revue des principaux sujets économiques que vous auriez pu manquer au cours de l’été. Pour certains au cœur des discussions du récent G7, il y a fort à parier que ces dossiers soient à l’origine de la volatilité financière des prochains mois.

Immanquable au cours de l’année écoulée, le conflit sino-américain est au cœur des tensions entre les deux plus grandes puissances mondiales. Initié en janvier 2018 à Washington par l’instauration de taxes douanières particulièrement contraignantes pour les produits chinois (1er exportateur aux Etats-Unis), des représailles ont mené à la guerre commerciale qui a aujourd’hui pour enjeu la croissance mondiale, dans des économies en ralentissement (les exportations américaines en Chine représentaient 130 milliards d’euros en 2017, et celles chinoises 505 milliards d’euros). C’est le 1er septembre que le poids des tarifs douaniers a frappé la Chine. Les montants en jeux avoisinent les 30 milliards d’euros, rien que pour les premières mesures.

Toujours dans le contexte de progression des politiques protectionnistes, Boris Johnson succède à Theresa May à la tête du gouvernement anglais. Il compte bien mener coûte que coûte le Brexit à son terme, et a pour cela dissout le parlement du 28 août au 14 octobre, soit deux semaines avant la date effective. Bien que la perspective d’un « no deal » sans accord entre l’UE et le Royaume-Uni ait été écartée par une loi votée au Parlement ces derniers jours, le Brexit pourrait affecter des secteurs aussi variés que la pêche ou le tourisme. Londres, 1ère place financière européenne, vacille. Les investissements au Royaume-Uni sont en baisse de 2,75% en 2018, et son PIB déjà amputé de 46,7 milliards d’euros, sans parler des répercussions en Europe.

Les accords font aussi défaut au Moyen-Orient, après le retrait des Etats-Unis de ceux de Vienne sur le nucléaire iranien, mis en place avec l’Iran, L’UE et les membres du conseil de sécurité de l’ONU par le président Obama en 2015. Les affaires des signataires avec la puissance persane sont plus que jamais remises en cause, ces derniers subissant des pressions américaines. En Iran, les conséquences économiques sont désastreuses. Le pays, privé en grande partie de ses exportations de pétrole (sa principale recette) est entré en récession en 2018. Son PIB, déjà en baisse de 4%, pourrait chuter de 6% supplémentaire cette année.

De l’autre côté de l’Asie, après 3 mois de manifestations parfois violentes regroupant des millions d’individus, la cheffe de l’exécutif hongkongais a finalement choisi de retirer le projet de loi permettant l’extradition des criminels de l’ancienne colonie anglaise en Chine continentale. Une note positive pour la démocratie et les libertés dans un territoire désormais chinois mais ayant conservé son système législatif jusqu’à aujourd’hui. Hong-Kong finira-t-il par devenir « another chinese city » où demeurera-t-il une haute place de la finance mondiale ?

Parmi les lieux ayant déjà tourné le dos à cette dernière se retrouve l’Argentine. La crise économique ayant sévi dans les années 2000 refait surface, la débâcle subie par le président Macri (libéral de centre-droit) aux primaires du 11 août inquiète les investisseurs et les marchés dans un contexte économique déjà tendu (un tiers des habitants sous le seuil de pauvreté). L’indice Merval (regroupant les plus grosses sociétés du pays d’Amérique du sud) chute de plus de 40% en un mois, tous les argentins achètent du dollar, et l’Etat n’est plus capable de rembourser sa dette suite aux variations du taux de change local. Le 28 août, une renégociation de cette dernière est demandée au FMI.

Dans un monde marqué par le ralentissement économique et démographique, on observe de plus en plus de comportements protectionnistes et bilatéralistes. Va-t-on vers la fin du libre-échange ? Comment la finance s’adaptera-t-elle à ce nouveau contexte international ?

Nous espérons que cela vous a plu et à bientôt pour un nouveau numéro !

 

Rédigé par Olivier Boutineau pour IESEG Finance

 

Pour en savoir plus :

https://www.la-croix.com/Economie/Monde/Le-FMI-favorable-report-dette-argentine-2019-08-30-1201044108https://www.icd-ecoles.com/blog/conflit-commercial-sino-americain-quelles-repercussions-sur-leurope

https://www.parismatch.com/Actu/Economie/Ce-que-le-Brexit-coute-a-la-Grande-Bretagne-1614960

https://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_de_Vienne_sur_le_nucléaire_iranien

https://fr.wikipedia.org/wiki/Retrait_américain_de_l%27Accord_de_Vienne_sur_le_nucléaire_iranien

https://www.lepoint.fr/monde/sanctions-americaines-contre-l-iran-c-est-le-peuple-qui-souffre-24-04-2019-2309168_24.php

https://www.lesinrocks.com/2019/08/14/actualite/monde/comprendre-la-crise-a-hong-kong-en-cinq-moments-cles/

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